Trouver de la force dans la vulnérabilité

Trouver de la force dans la vulnérabilité

Trouver de la force dans la vulnérabilité

Source:
* fondatrice de Positive People

Rédigé par Heidi Allen, fondatrice de Positive People Army

Nous avons tous un souvenir particulier dans notre vie que nous décrivons comme notre meilleur moment. Pour certains, il s’agit du jour où ils ont rencontré l’amour de leur vie. Tandis que d’autres se remémorent des étapes grandioses, comme le jour de leur mariage ou la naissance de leurs enfants.

Tous sont généralement des moments charmants remplis de joie et de bonheur.

Je conviens que ces souvenirs correspondent à des moments plutôt fabuleux de ma vie, mais pour moi, le moment le plus extraordinaire s’est produit alors que je me trouvais dans un parc de stationnement. Seule et les yeux fixés sur mon téléphone. Ce n’était pas un moment heureux et magique. Ce fut l’un des moments les plus courageux que j’ai jamais vécu.

Pendant la majeure partie de ma vie, je m’étais convaincue, et j’avais convaincu les autres, que j’étais une personne courageuse et invincible. J’avais toujours été intrépide, dynamique, avenante et rien ne m’aurait jamais empêché de faire ou dire ce que je voulais. Pourtant, tout au fond de moi, j’ai toujours su que je gardais un secret bien enfoui.

Je m’étais soigneusement construit une façade qui dissimulait ma fragilité.

J’avais inventé ce masque parce que je m’étais persuadée que la tristesse, l’anxiété ou la peur étaient des émotions handicapantes et un signe de faiblesse et d’impuissance. Pas chez les autres; juste chez moi.

Pour peu que l’une de ces émotions vulnérables pointe son nez, soit je me retirais pour m’isoler, soit j’affichais ce que j’appellerais mon masque de déni virtuel. Une pièce d’armure protectrice dont j’imaginais qu’elle m’aiderait à faire semblant que tout allait bien. Les deux étaient devenus d’incroyables outils de déni qui m’évitaient de me sentir désespérée, exposée, faible ou pire encore… blessée.

Ma tactique émotionnelle avait convaincu tout le monde, y compris moi-même, que j’étais parfaite.

Revenons maintenant à ce parc de stationnement solitaire. J’avais une nouvelle fois été convoquée au tribunal avec mon ex-mari. Bien que j’aie quitté mon ex 15 ans plus tôt, il trouvait toujours des moyens créatifs de se montrer vindicatif et revanchard, et il en allait de même ce jour-là.

Pendant le trajet jusqu’au tribunal, je me sentais peu à peu gagnée par la peur et l’anxiété.

« Pas maintenant », me disais-je.

J’ai mis en route mon régime de déni en me tenant un discours motivant sur la confiance du style : « Tu as ceci, tu vaux mieux que ça ». J’imaginais ensuite que je mettais mon masque de déni virtuel afin de le porter pour une occasion aussi importante.

Pourtant, chacun des dispositifs que j’avais mis en place s’est rapidement désintégré à mon arrivée. L’idée de voir mon ex-mari et d’entamer encore une autre bataille juridique m’a noué l’estomac et une vague nauséeuse s’est emparée de moi. J’avais peur, je me sentais dépassée et vaincue avant même d’avoir commencé.

Je me suis effondrée sur le volant et me suis mise à pleurer.

« J’ai besoin d’aide », me suis-je murmuré.

Je ne pouvais plus maîtriser ma vulnérabilité. Pourtant, dans le même temps, je constatais qu’il ne s’était rien passé. Le ciel ne m’était pas tombé sur la tête parce que j’avais admis mes sentiments, pas plus que la terre ne s’était ouverte sous mes pieds pour m’engloutir. Je sais que cela a l’air assez théâtral, mais je m’étais convaincue que la vie telle que je la connaissais tomberait en morceaux si j’admettais ma fragilité.

« J’ai besoin d’aide », me suis-je répété. Toujours rien.

En fait, je ne pouvais pas m’empêcher de remarquer que chaque fois que je répétais cette phrase, je me sentais envahie par un sentiment de soulagement.

Forte de ce sentiment inédit de répit, ou peut-être était-ce de démence, j’ai attrapé mon téléphone, ouvert mon profil sur Facebook et commencé à taper une publication.

« La vulnérabilité est l’une des émotions les plus difficiles pour moi, mais aujourd’hui, j’ai décidé d’être vulnérable et d’appeler tout le monde à l’aide. Je dois me présenter contre l’un des êtres humains les plus négatifs que je connaisse et je me sens anxieuse et effrayée. Je sollicite l’aide de tous mes amis en leur demandant de m’envoyer des intentions et des vibrations positives pour m’aider à traverser cette épreuve. Je sais que je peux tout faire, mais je ne veux pas le faire seule!! Je vous aime tous!! Bisous. »

Ma rédaction terminée, j’ai regardé fixement les mots que j’avais écrits. J’avais travaillé tellement dur toute ma vie pour faire en sorte que personne ne voit jamais cet aspect de moi, et là, en un seul petit paragraphe, j’étais prête à tout changer.

J’ai pris une profonde inspiration... et j’ai appuyé sur « envoyer ».

Ce qui s’est produit ensuite tient du miracle.

En quelques minutes, mon téléphone a commencé à sonner sous une avalanche de notifications. Je ne voulais pas regarder. Pourtant, mon téléphone n’arrêtait pas de vibrer.

Enfin, au bout d’une minute environ, j’ai pris mon téléphone et j’ai commencé à lire les messages. Je n’arrivais pas à y croire! Tous exprimaient des sentiments rassurants d’amour, d’énergie positive et de soutien. Personne n’a jugé mon appel à l’aide, pas plus qu’ils n’ont critiqué ma peur. Mais surtout, personne n’a désapprouvé ou condamné ma vulnérabilité.

Honnêtement, je ne sais pas à quoi je m’attendais, mais certainement pas à ça. 

Mon téléphone croulait sous des centaines de messages de soutien et d’encouragement. Dire que j’étais étonnée est un euphémisme.

Mes larmes de tristesse se sont aussitôt transformées en larmes de gratitude et de reconnaissance. Ce que j’avais le plus redouté venait de devenir mon élément salvateur.

C’était incroyable!

Ce jour-là, je suis entrée dans la salle d’audience sans aucun de mes dispositifs de déni. Je me sentais forte, puissante… c’était comme si j’avais enfin trouvé le vrai moi.

J’ai gagné la bataille juridique ce jour-là... et de plus d’une façon.

Toute ma vie, j’avais cru qu’admettre ma vulnérabilité était ma plus grande faiblesse.  Le fait est que la vulnérabilité me rend effectivement plus sensible au chagrin, au désespoir et aux déceptions – il n’est pas question de le nier!  Mais en ne me permettant pas d’être vulnérable, je ne connaissais pas mon moi véritable ou ma vie authentique.

Mon expérience dans le parc de stationnement n’était que le début de mon voyage à la découverte de ma vulnérabilité. J’avais ouvert en grand ma façade de femme parfaite et la sensation était en fait extraordinaire. En me mettant moi-même dans un espace qui n’était pas vraiment confortable, j’avais finalement découvert la sensation procurée par le vrai courage et il n’était pas question de revenir en arrière par la suite.

J’ai retiré mon masque de déni virtuel ce jour-là et je porte maintenant une cape virtuelle de vulnérabilité courageuse. En ce qui me concerne, je me souviendrais toujours de ce moment comme étant la journée la plus mémorable de ma vie. Un jour, j’ai découvert ce qu’était la vraie bravoure, ainsi que mon vrai moi.

J’espère que mon histoire vous inspire à faire de même.