Les Conséquences De La Violence Conjugale

Source:
* Opération Boîte à chaussures, un partenaire caritatif PHARMAPRIX. AIMEZ. VOUS.

Quels sont les effets de la violence conjugale sur la santé?

Les conséquences de la violence conjugale ou de l’abus peuvent durer très longtemps. Les personnes victimes de violence de la part d’un conjoint ou d’un partenaire intime peuvent développer les problèmes suivants:

  • Troubles du sommeil et de l’alimentation
  • Dépression
  • Accès d’anxiété
  • Maux de tête, douleur chronique
  • Problèmes de digestion (syndrome du côlon irritable)
  • Fibromyalgie
  • Faible estime de soi
  • Abus de substance pour affronter
  • Risque accru de grossesse non planifiée ou précoce et de maladies transmissibles sexuellement

La grossesse peut s’avérer particulièrement dangereuse pour les femmes qui sont dans des relations de violence. Les problèmes durant la grossesse, comme un faible gain de poids, l’anémie, les infections et les hémorragies sont plus élevés chez ces femmes.

La violence conjugale peut être fatale; des femmes sont assassinées par leurs partenaires ou perdent la vie à la suite des blessures qu’ils leur font subir. Des études montrent également que les femmes qui sont victimes de violence sont plus susceptibles de se suicider.

 

Quels sont les effets de la violence conjugale sur les enfants?

Les enfants qui sont témoins de violence conjugale peuvent développer de graves problèmes émotifs, comportementaux, de croissance ou scolaires. Ils peuvent devenir violents eux-mêmes, ou se retirer. Certains dérangent à la maison ou à l’école; d’autres tentent de devenir des enfants parfaits. Les enfants issus de foyers violents peuvent devenir déprimés et avoir une faible estime d’eux-mêmes.

En vieillissant, les enfants et les adolescents qui grandissent avec la violence conjugale sont plus susceptibles :

  • d’avoir recours à la violence à l’école ou dans la communauté en réaction à des menaces perçues;
  • de tenter de se suicider;
  • de se droguer;
  • de commettre des crimes, particulièrement des agressions sexuelles;
  • d’avoir recours à la violence pour améliorer leur réputation et rehausser leur estime d’eux-mêmes;
  • de devenir des agresseurs dans leurs propres relations plus tard dans la vie. 

 

Traumatisme psychologique

 

Les traumatismes émotionnels ou psychologiques sont le résultat d’événements extrêmement stressants ou dérangeants qui vous laissent aux prises avec des émotions pénibles, des souvenirs et de l’anxiété persistants. Ces événements comportent souvent une menace à la vie d’une personne ou à sa sécurité, ou à celles d’êtres proches. Les traumatismes peuvent être causés par des événements uniques, comme un accident, une attaque violente ou une catastrophe naturelle, ou par un stress continu, incessant, comme être victime d’une relation violente.

 

  • Un événement peut mener à un traumatisme si :

 

  • il survient subitement;
  • vous n’y étiez pas préparée;
  • vous vous sentiez impuissante à le prévenir;
  • il se produit à répétition;
  • quelqu’un a été intentionnellement cruel;
  • il s’est produit pendant l’enfance.

 

  • N’importe qui peut vivre un événement traumatisant, toutefois, il existe des facteurs de risque qui font que certains d’entre nous sont plus susceptibles que d’autres de subir un traumatisme psychologique ou de développer un état de stress post-traumatique à la suite d’un événement dérangeant. Voici quelques exemples :

 

  • Vous subissez déjà un grand stress avant que l’événement ne se produise.
  • Vous avez récemment subi une série de pertes.
  • Vous avez déjà vécu un traumatisme (surtout si c’est pendant l’enfance).
  • Vous avez un historique de maladie mentale.
  • Vous bénéficiez de peu ou pas de soutien social après l’événement.

 

 

Symptômes du traumatisme :

 

Les gens réagissent tous différemment à un traumatisme, et une part de la guérison consiste à réaliser que même si vous pensez que vous êtes « en train de perdre la tête », vos réactions sont des réactions normales à une situation anormale. Voici quelques symptômes courants d’un traumatisme :

 

  • Symptômes émotionnels ou psychologiques :
    • Choc, déni, incrédulité
    • Confusion, difficulté à se concentrer
    • Colère, irritabilité, sautes d’humeur
    • Anxiété et peur
    • Culpabilité, honte, autocritique
    • Retrait
    • Tristesse ou désespoir
    • Se sentir coupé de la réalité ou engourdi

 

  • Symptômes physiques :
    • Insomnie ou cauchemars
    • Fatigue
    • Sursauts
    • Difficulté de concentration
    • Accélération du rythme cardiaque
    • Nervosité et agitation
    • Courbatures et douleurs
    • Tension musculaire
  • Les symptômes d’un traumatisme durent habituellement de quelques jours à quelques mois, et s’estompent graduellement à mesure que vous digérez l’événement.
  • Ils peuvent cependant émerger de nouveau en réponse à des déclencheurs, comme une audience devant la cour, un anniversaire de l’événement, ou quelque chose qui vous rappelle le traumatisme.

 

 

Conseils pour récupérer d’un traumatisme :

 

Chacun se remet d’un événement traumatique à sa façon, mais les mesures ci-après peuvent vous aider à accélérer le processus et à vous sentir de nouveau vous-même.

 

  • Faites de l’exercice.
    • Les mouvements et l’exercice contribuent à brûler de l’adrénaline et à libérer des endorphines. Ils permettent à votre système nerveux de se réinitialiser et soulagent des symptômes de l’anxiété et de la peur.
    • Les exercices rythmiques et qui sollicitent à la fois vos bras et vos jambes (comme la marche, la course, la natation et l’aérobique) sont l’idéal.
    • Il importe d’avoir quelqu’un qui vous écoutera attentivement exprimer vos pensées et vos émotions sans vous juger. Tournez-vous vers un membre de votre famille, un ami ou un conseiller en qui vous avez confiance.
    • Songez à vous joindre à un groupe d’entraide composé de personnes ayant survécu à un traumatisme. Côtoyer des personnes aux prises avec les mêmes problèmes que vous peut vous aider à diminuer votre sentiment d’isolement et vous inspirer dans votre propre rétablissement.
    • Après un traumatisme, vous voudrez peut-être vous retirer, mais l’isolement et passer trop de temps en solo peuvent empirer les choses.
    • Rencontrer des amis ne signifie pas forcément que vous devez parler du traumatisme. Le confort provient simplement du sentiment d’être engagé et accepté par les autres.
    • Songez à reprendre contact avec de vieux amis, à faire du bénévolat ou à suivre un cours, même si c’est la dernière chose que vous avez envie de faire. Essayez de renouer des liens qui en valent la peine, mais abstenez-vous de rétablir des relations qui vous diminuent ou vous découragent de quelque façon que ce soit.
  • Réconfortez-vous.
    • Il se peut que vous vous ressentiez de l’agitation, de l’anxiété ou une perte de contrôle, mais il existe de nombreuses façons de réguler votre système nerveux et de vous calmer. La respiration consciente est un moyen facile. Si vous vous sentez troublée ou désorientée, respirez 60 fois en concentrant votre attention sur chaque expiration.
    • Le yoga, le dessin, l’écriture ou la course peuvent aussi vous aider à recentrer vos pensées et vous procurer un exutoire physique pour vos émotions.
  • Prenez soin de vous.
    • Les habitudes malsaines peuvent exacerber votre sentiment d’anxiété et limiter votre capacité à composer avec le stress du traumatisme.
      • Dormez – La structure de votre sommeil peut être affectée par l’insomnie ou les cauchemars, mais essayez d’aller au lit et de vous lever à la même heure chaque jour, et essayer de dormir de 7 à 9 heures par nuit.
      • Évitez l’alcool et les drogues – Ils peuvent empirer vos symptômes, perturber votre sommeil et accroître les sentiments de dépression et d’anxiété.
      • Mangez bien – Encore une fois, il se peut que vous n’ayez pas faim, alors essayez de manger de petites collations santé tout au long de la journée. Évitez les aliments sucrés et la friture, qui peuvent avoir une incidence sur votre humeur.

 

 

Aider un proche à composer avec un traumatisme :

 

Il peut s’avérer difficile de soutenir quelqu’un qui a subi un traumatisme, mais votre appui peut jouer un rôle primordial dans son rétablissement. Voici quelques conseils pour offrir un bon soutien :

 

  • Soyez patiente et compréhensive – N’oubliez pas que chacun réagit différemment aux traumatismes et que chacun guérit à son rythme. Essayez de ne pas comparer les réactions de votre proche à celles des autres.
  • Offrez un soutien pratique – Vous vous sentirez peut-être impuissante à aider votre proche à gérer ses émotions, mais il y a beaucoup de choses pratiques que vous pouvez faire pour contribuer à son rétablissement : faire son épicerie, l’aider à remplir des documents, passer prendre les enfants à l’école, etc.
  • Soyez là pour parler ou écouter – Certains survivants d’un traumatisme trouvent difficile de parler de ce qui s’est passé, alors ne forcez pas votre proche à s’ouvrir. Faites-lui plutôt savoir que vous êtes là s’il a envie d’en parler.
  • Aidez votre proche à socialiser et à relaxer – Encouragez-le à faire de l’exercice, à pratiquer un passe-temps et à s’adonner à des activités sociales qui le rendent joyeux.
  • Ne prenez pas les symptômes personnellement – Votre proche peut se mettre en colère, devenir irritable, se retirer et devenir distant. N’oubliez pas que sa réaction est le résultat d’un traumatisme et qu’elle n’a probablement rien à voir avec vous ou la relation que vous avez.

 

 


 

Quand obtenir l’aide d’un professionnel :

 

Le rétablissement après un traumatisme prend du temps et chacun guérit à son propre rythme, mais si des mois ont passé et que vos symptômes persistent, vous souffrez peut-être d’un état de stress post-traumatique et un professionnel pourra vous aider. Nous vous recommandons d’obtenir de l’aide pour votre traumatisme si :

 

  • vous avez de la difficulté à fonctionner à la maison;
  • vous ressentez de la nervosité tout le temps;
  • vous vous sentez souvent comme si quelque chose de terrible était sur le point de se produire;
  • vous souffrez d’une peur, d’anxiété ou de dépression sévères;
  • vous êtes incapable de maintenir vos relations;
  • vous avez perdu intérêt dans les activités que vous aimiez;
  • vous avez des accès soudains d’étourdissements, de souffle court ou d’accélération du rythme cardiaque;
  • vous avez des flash-backs terrifiants ou des cauchemars;
  • vous évitez de plus en plus les choses qui vous rappellent le traumatisme;
  • vous vous sentez émotivement engourdie et déconnectée des autres;
  • vous consommez de l’alcool ou des drogues pour vous sentir mieux.

 

 

Trouver de l’aide pour composer avec un traumatisme

 

De nombreuses personnes ressentent de la culpabilité ou de la honte quand vient le moment d’obtenir de l’aide pour un traumatisme, car nous sommes conditionnés à penser que nous devrions «en revenir» ou «passer à autre chose» lorsqu’un événement traumatisant se produit. Il est important de prendre vos sentiments et vos symptômes au sérieux et d’obtenir de l’aide si cela s’avère utile.

 

Si vous croyez que vous pourriez vous faire du mal ou faire du mal à autrui, appelez le 911 ou rendez-vous à l’urgence de l’hôpital le plus près.

 

  • Counselling – De nombreuses interventions thérapeutiques se sont révélées efficaces pour traiter l’état de stress post-traumatique. Le meilleur moyen de trouver un spécialiste en traumatisme serait de vous faire recommander quelqu’un par votre médecin de famille.

 

  • Groupes d’entraide – Parler à des personnes qui ont vécu des expériences traumatisantes semblables et qui ont les mêmes types de symptômes que vous peut s’avérer incroyablement rassurant. Communiquez avec votre organisme local en santé mentale pour découvrir quels sont les groupes qui existent ou, encore une fois, adressez-vous à votre médecin de famille; il peut s’avérer une ressource efficace.

 

  • Médication – Votre médecin ou un psychiatre peut vous prescrire des médicaments qui soulageront vos symptômes d’anxiété, votre privation de sommeil ou votre dépression. Cependant, ces médicaments fonctionnent mieux s’ils sont pris conjointement avec une aide psychologique quelconque.

                    

 

Ressources :

http://www.cmha.ca/fr/mental_health/le-trouble-de-stress-post-traumatique/#.WWZZNYQ1-Uk

http://www.camh.ca/fr/hospital/care_program_and_services/mood_and_anxiety_programs/Pages/guide_mapsychologicaltraumaprog.aspx

http://www.stopvaw.org/health_effects_of_domestic_violence

http://www.webmd.com/mental-health/tc/domestic-violence-harmful-effects-of-domestic-violence