Transitions de la rentrée scolaire

Transitions de la rentrée scolaire

Source:
* Centre de toxicomanie et de santé mentale, un partenaire caritatif PHARMAPRIX. AIMEZ. VOUS.

Transition en déroute

Les transitions font partie intégrante de la vie d’une jeune femme : par exemple le début du secondaire, source d’enthousiasme et de nervosité, ou encore l’entrée à l’université et la nouvelle indépendance qu’elle représente. Ce sont des expériences qui peuvent avoir un impact déterminant sur son avenir. Mais elles peuvent également être déroutantes et anxiogènes pour les parents et les élèves.

Nous avons demandé à deux cliniciennes du Centre de toxicomanie et de santé mentale (CAMH), chef de file au Canada en matière de santé mentale, de nous indiquer comment les parents peuvent empêcher les jeunes d’être en mésadaptation.

 

« Les jeunes femmes ont des relations avec l’école, leurs pairs et les membres du personnel. Et soudainement, elles se retrouvent dans un nouveau milieu. Ce sont des points de transition clés », affirme Patricia Merka, qui a travaillé près de 20 ans auprès des jeunes et qui est infirmière psychiatrique au sein du Programme pour les enfants, les jeunes et leur famille du CAMH.

 

« N’importe quels changements ou transitions, même attendus avec impatience, nécessitent une période d’adaptation et, par conséquent, un stress », déclare Maria Carinelli, une travailleuse sociale du CAMH. Elle travaille directement avec des jeunes aux prises avec des problèmes de santé mentale, et les aide à développer leurs facultés d’adaptation et à naviguer le système de santé mentale communautaire.

 

Conseil no 1 : Communiquez, c’est essentiel

 « En tant que parent, vous devez maintenir les canaux de communication. Posez des questions et observez », indique Mme Carinelli. La communication est un échange. Assurez à votre enfant de donner la chance de s’exprimer, et écoutez-le avant d’émettre un jugement. « Maîtrisez votre anxiété afin d’être réellement à l’écoute, au lieu d’être réactif. »

Conseil no 2 : Enseignez aux jeunes l’importance des relations interpersonnelles dans la vraie vie

« La technologie élimine les interactions face à face. Pour les jeunes, cela peut entraver le développement de nouvelles relations », déclare Mme Merka. Le téléphone cellulaire et l’utilisation de la technologie dans les écoles ont beau être devenus une seconde nature, il reste que nouer des relations « à l’ancienne » demeure une compétence importante à transmettre. « Les jeunes qui entrent au secondaire ou à l’université sont obligés de tisser des relations dans un environnement peu familier… ils doivent se sentir à l’aise d’aller chercher du soutien auprès de nouvelles personnes. »

Conseil no 3 : Participez le plus possible

Mme Merka se souvient d’une interaction récente avec son propre fils adolescent lorsqu’il a été question de la série Treize raisons. « Il voulait regarder cette série, qui est très controversée, et cela l’a contrarié quand je lui ai dit que je la regarderais avec lui pour qu’on puisse en discuter. Cela ne l’enchantait pas de regarder cette émission avec un parent qui travaille dans le domaine de la santé mentale, mais nous devons assumer le fait que nos enfants vivent dans un monde très différent de celui que nous avons connu. »

 

Conseil no 4 : Ayez des attentes réalistes

« Pensez à l’impact des médias traditionnels et sociaux sur les adolescentes, leur estime de soi et leurs capacités d’adaptation… Vous avez une jeune fille qui se compare aux images [des célébrités] des médias sociaux, qui ont été retouchées une fois sur deux », dit Mme Merka. Si on ne les contrebalance pas ou qu’on n’en discute pas, ces pressions peuvent mener à des troubles de l’alimentation, de l’humeur, et une foule d’autres problèmes. 

 

« Une autre chose que nous oublions est comment les garçons sont influencés par ce qu’ils voient en ligne et par leurs attentes irréalistes par rapport aux filles. Nous avons beaucoup de chemin à faire pour aider nos jeunes hommes à voir au-delà de ce qui leur est présenté dans les médias traditionnels et sociaux, dans la pornographie ou dans d’autres choses facilement accessibles aux jeunes. Nous avons besoin de les aider à développer une image plus saine des relations et à se recentrer sur leurs valeurs plutôt que sur ce qui est présenté en ligne. »

Conseil no 5 : N’ayez pas peur de demander de l’aide
Certains signaux d’alarme peuvent indiquer des problèmes plus profonds. Lorsque votre enfant manifeste des comportements qui ne lui ressemblent pas, soyez attentif et envisagez de demander de l’aide. « Les parents doivent savoir si leurs enfants commencent à éviter de faire leurs travaux ou d’aller en cours, ou s’ils s’isolent. Ces comportements peuvent être des signes précoces de maladie mentale, et il faut en discuter et y remédier », indique Mme Carinelli.

 

Une jeune femme, Cassandra Arthur, nous parle de son vécu et des difficultés qu’elle vit à l’école en matière de santé mentale.

 

« Grandir avec un problème de santé récurrent, sans avoir les mots pour en parler, a passablement compliqué mon parcours scolaire. Le passage de l’enfance à la vie adulte n’est facile pour personne, mais être privé du vocabulaire nécessaire pour s’exprimer est particulièrement terrifiant. Que se passe-t-il? Je ne sais pas. Quelque chose est-il arrivé? Je ne suis pas sûre. Est-ce que ça va? En théorie. » 

 

Cassandra a reçu de l’aide sous la forme d’une hospitalisation, d’une thérapie et de soins continus en clinique externe. Elle va bien, mais elle a dû travailler fort pour se rendre où elle est rendue aujourd’hui.

 

« La véritable transition a commencé quand j’ai décidé de cesser d’être centrée sur les transitions. Dans la vie, il y a beaucoup de moments où nous faisons face à une ligne tracée dans le sable. On nous dit qu’il y a des étapes et qu’on doit les compléter selon un échéancier précis. On nous dit quand l’enfance se termine et quand la vie adulte commence. On nous dit dans quel ordre aller à l’école et quand il faut passer à autre chose », dit Cassandra. « Le problème, c’est qu’une ligne reste une ligne et une métaphore reste une métaphore. La vie va à son propre rythme. »

 

Ressources

Si vous ou un de vos proches êtes aux prises avec un problème de santé mentale, vous pouvez obtenir de l’aide.

Voici des ressources à votre disposition :